Communiqués de presse
Nestlé : rejet du rapport non financier, malgré une bonne stratégie climatique
Actares se félicite de la stratégie climatique de Nestlé, mais rejette néanmoins le rapport non financier, car des éclaircissements importants s'imposent en matière de sécurité alimentaire et de relations avec les parties prenantes.
À l'occasion de l'assemblée générale 2026 de Nestlé du 16 avril, Actares, actionnariat pour une économie plus responsable, reconnaît que l'entreprise est sur la bonne voie en matière de protection du climat. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est conforme aux objectifs fixés et validés en externe. Nestlé rend compte de ses émissions selon la norme établie, par catégorie d’activité, ce qui permet des comparaisons avec d’autres entreprises. De plus, l’entreprise quantifie également ses émissions par segment de la chaîne de valeur. C'est de loin la production de matières premières agricoles qui génère le plus d'émissions. Dans ce domaine, la réduction des émissions doit surtout passer par l'agriculture régénérative et des solutions fondées sur la nature pour la fixation du CO₂ dans la chaîne d'approvisionnement. Nestlé a par ailleurs annoncé une mise à jour prochaine de sa feuille de route climatique de 2023.
Actares posera également des questions critiques lors de l'assemblée générale : Nestlé pourrait-elle rendre compte de manière plus transparente de l'état d'avancement de la mise en œuvre de l'agriculture régénérative dans sa chaîne d'approvisionnement ? Comment les petits agriculteurs fournisseurs sont-ils protégés contre la baisse des prix des matières premières ? Nestlé continuera-t-elle à ajouter plus de sucre aux aliments pour les nourrissons dans les pays du Sud que dans ceux du Nord ?
Concernant les positions de vote d'Actares : bien que les résultats obtenus en matière de climat répondent aux exigences d'Actares, Nestlé reste impliquée dans divers scandales, litiges ou pratiques contraires à l'éthique, notamment en matière de sécurité alimentaire et de relations avec les parties prenantes. Actares rejette donc tant le rapport non financier que la décharge du conseil d'administration.
Lors des élections au conseil d'administration, Actares vote contre la réélection de Thomas Jordan au conseil d'administration. À compter de début 2026, Actares a renforcé ses critères relatifs aux conflits d’intérêts potentiels et exige désormais une période de transition d’au moins deux ans pour toute nomination au conseil d’administration d’une société cotée en bourse, en provenance de l’administration fédérale, du Conseil fédéral, d’une instance de contrôle de la Confédération ou de la Banque nationale suisse (BNS). Dans le cas de Thomas Jordan, ancien président de la Direction générale de la BNS, ces deux ans ne sont pas encore écoulés. En revanche, Actares se félicite du fait que le nouveau CEO, contrairement à la pratique antérieure, ne siège pas au conseil d’administration. Nestlé applique ainsi enfin un principe de gouvernance d’entreprise qui devrait aller de soi : la personne surveillée ne peut pas faire partie de l’organe qui la supervise. Actares espère que cela restera ainsi à l’avenir.
Compte tenu du montant des rémunérations et d'une part de rémunération variable supérieure à 50 %, Actares recommande de rejeter tous les points à l'ordre du jour relatifs aux rémunérations, y compris le rapport sur les rémunérations et la réélection des membres en exercice du comité de rémunération. Actares peut approuver les autres points à l'ordre du jour.