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Rémunérations masculines?

L'exagération dans les rémunérations continue à susciter les interventions d'ACTARES ainsi que d'autres acteurs. Quelques résultats symboliques sont à relever, même si presque tout reste à faire. Par ailleurs, le déséquilibre abyssal entre homme et femmes dans les organes dirigeants ne fait pas mine de se combler.

Cette année encore, les rémunérations exagérées des dirigeants des grandes entreprises ont marqué l'actualité helvétique. ACTARES a soulevé ce thème dans les assemblées générales de Roche, Novartis, UBS, Credit Suisse, Nestlé et Zurich. De toute évidence, la contestation prend de l'ampleur et de des voix de plus en plus nombreuses réclament l'intervention des actionnaires. Citons Ethos, les promoteurs de l'initiative populaire "Contre les rémunérations abusives" (voir également en p. NN) ou encore le fonds de compensation de l'AVS.

Premiers signes

Si le retour à des niveaux de rémunération acceptables ne semble pas s'amorcer, la spirale vers le haut a subi un net ralentissement. Et quelques épisodes, certes très anecdotiques, laissent entrevoir le début d'une prise de conscience. Par exemple, Daniel Vasella, président et directeur de Novartis, a annoncé que son parachute doré sera absent de son prochain contrat. Et Thomas Limberger, directeur d'OC-Oerlikon, à abandonné une partie d'un bonus démésuré. Tous deux restent néanmoins solidement installés parmi les dirigeants les mieux payés.

Blocages

Chez Credit Suisse, Walter Kielholz a clairement exprimé son opposition à toute intervention des actionnaires dans le processus de rémunération. Son de cloche identique chez Nestlé, Novartis, Zurich et UBS. En affirmant de son côté que Roche envisage l'introduction d'un vote consultatif, Franz Humer fait presque figure de révolutionnaire, tout en se posant avec intelligence en interlocuteur éclairé. Les développements de cette première suisse seront à suivre avec le plus grand intérêt, en espérant que l'initiative "contre les rémunérations abusives" aboutisse.

Relève féminine absente

Ce n'est pas par omission qu'il est question ci-dessus de "dirigeants" et jamais de "dirigeantes". Les femmes continuent à être les grandes absentes à la tête des entreprises suisses. Parmi la bonne vingtaine de sociétés auprès desquelles ACTARES exerce ses propres positions de vote, plusieurs avaient fait entrer une femme au sein de leur conseil d'administration en 2006. Cette année, parmi les dix-neuf nouvelles candidatures proposées, seule Novartis proposait une femme.

Ce déséquilibre patent fut le sujet de la seconde intervention d'ACTARES lors de l'assemblée générale Nestlé, qui présente une direction générale composée de quinze hommes. La réponse de Peter Brabeck fut édifiante à plus d'un titre. D'abord, il rejeta l'idée des quotas, alors qu'il n'en était pas fait référence dans la question. Ensuite, il mit sur le compte de la priorité différente accordée par femmes et hommes à la famille le fait que les premières sont moins nombreuses à faire carrière. Mais le plus choquant à entendre pour les actionnaires, ce fut la goujaterie avec laquelle il déconsidéra publiquement le travail de deux anciennes directrices – parfaitement identifiables – pour suggérer une incompétence féminine générale pour de tels postes. Plus que jamais, la vigilance d'ACTARES est ici de mise.