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Thérapie génique pour les bébés: Actares condamne la loterie de Novartis

Se basant sur de coûteuses acquisitions plutôt que sur ses propres recherches, Novartis mène une stratégie à risques, à fort impact sur l'évolution des prix et l'accès aux médicaments. Le tirage au sort mensuel contestable de 100 traitements avec le Zolgensma pour des bébés en danger de mort montre que les prix excessifs des thérapies géniques ont clairement atteint les limites du tolérable. D'autre part, Novartis pourrait être mise sous pression en raison de goulets d'étranglements dans des livraisons dus à l'épidémie du coronavirus. Actares exigera lors de la prochaine assemblée générale le 28 février des explications sur ces différents points.

Avec le CEO Vas Narasimhan, associant à son expérience professionnelle une nouvelle conception de la gestion, un vent frais souffle sur le groupe traditionnel Novartis. Jusqu’à présent, Narasimhan s’était plutôt fait remarquer par des annonces de prix de thérapies cellulaires à hauteur de millions. Lors de l’assemblée générale de l’an dernier, Actares a déjà critiqué le manque de transparence dans la fixation du prix du Kymriah, et les conséquences pour les systèmes d’assurance et sur les payeurs de primes.

L’accès aux médicaments ne doit pas être un jeu de hasard

Plus problématique encore pour Actares que pour le Kymriah est le cas du Zolgensma, également une thérapie cellulaire, qui a suscité des interrogations lors de sa procédure d’admission, que Novartis a toutefois pu clarifier par la suite. Le Zolgensma est un traitement qui coûte des millions, pour une maladie musculaire mortelle chez les bébés, qui n’est jusqu’à maintenant autorisé qu’aux USA. Jusqu’à ce qu’il soit autorisé dans d’autres pays, 100 unités de ce traitement sont maintenant tirées au sort par Novartis pour des bébés en dehors des USA. Qui perd peut retenter sa chance un mois plus tard.

Actares rejoint ceux qui condamnent ce procédé. Remettre au hasard l’accès à des médicaments vitaux n’est pas seulement cynique, mais aussi éthiquement contestable. Novartis pourrait être soupçonnée de faire pression indirectement sur d’autres pays, pour que le Zolgensma soit plus vite autorisé, avec toutes les conséquences financières sur leurs systèmes d’assurance respectifs.

La stratégie d’acquisitions ne comporte pas des risques que pour Novartis

Zolgensma est comme quelques autres nouveaux produits pas le résultat des recherches propres de Novartis, mais fait partie de sa stratégie actuelle d’acquisitions. Est-ce la seule façon pour Novartis de compenser les pertes dues à l’expiration des brevets ? Dans le court laps de temps qui s’est écoulé depuis l’entrée en fonction de Narasimhan, des acquisitions pour environ 28 milliards de dollars ont été réalisées, dont une société qui a coûté 9,7 milliards et qui ne dispose que d’un seul médicament. Il est à craindre que la conséquence de tels investissements ne soit aussi une hausse des prix des médicaments. Une fois de plus, ce sont les payeurs de primes et les assureurs qui en subiront les conséquences.

Difficultés de livraisons : quelle est la position de Novartis?

La délocalisation de la production dans des pays à bas coûts a conduit à ce que la plus grande partie des principes actifs des médicaments est maintenant produite en Chine. Les goulets d’étranglements que nous constatons maintenant dans les livraisons en raison de la pandémie due au coronavirus peuvent avoir des conséquences fatales. Actares aimerait savoir comment Novartis s’est préparée à des pénuries prolongées d’approvisionnement - et ce que l’entreprise entend faire face aux dangers du monopole chinois sur les principes actifs.


Intervention d’Actares (uniquement en allemand).